Insertion, excellence et réformes : quel constat pour l’alternance ?

A l’occasion de la réforme de l’apprentissage de 2019, nous allons revenir sur l’alternance : formidable outil d’insertion pour les jeunes. Chiffres, perception, utilité, quel constat peut-on faire sur ce mode de formation ?

Pour rappel, l’alternance est une formation hybride qui divise la formation de l’élève (ou apprenti) en deux périodes alternées : l’une dans un organisme de formation, l’autre en entreprise. Selon un rapport de l’Education Nationale de 2019, sept mois après leur sortie d’un centre de formation 72% des jeunes ayant suivi des études du CAP au BTS ont un emploi. C’est 3 points de plus qu’en 2017, et 7 de plus qu’en 2016. Parmi eux, environ la moitié ont un CDI. L’alternance est aussi une aubaine pour le tissu économique local qui peut recruter des jeunes du territoire et les former.

Pascale Bernard, responsable du service emploi à la Mission Locale des Hauts de Garonne souligne les avantages de l’alternance :

« Les jeunes qui suivent une formation en alternance bénéficient d’une approche concrète du métier auquel ils aspirent. Ils peuvent aussi découvrir la vie en entreprise et toucher leur premier salaire. C’est une vraie plus-value par rapport aux formations classiques, surtout pour un public en proie au décrochage scolaire. »

En effet, l’alternance est souvent décrite par les professionnels de l’insertion comme un vecteur d’intégration sociale. Elle nuance toutefois :

« Ce n’est pas évident parce qu’il faut mener les cours et le travail en même temps, c’est un rythme particulier.  ».  

Sur le territoire des Hauts de Garonne (Gironde), notre Mission Locale a accompagné 213 entrées en alternance en 2018 : 64% en contrat d’apprentissage et 36% en contrat de professionnalisation. Trois secteurs sont bien représentés : le commerce / distribution, le BTP, et l’installation / maintenance. Sous le prisme des Missions Locales de Nouvelle Aquitaine, cela représente 4 612 entrées, dont 72% en contrat d’apprentissage avec la présence notable d’un secteur prospère sur la région : l’hôtellerie restauration.

Les apprentis évoluent aux côtés de professionnels, avec les us et coutumes d’un secteur. Pascale Bernard rajoute : « Les jeunes sont formés en adéquation avec le monde du travail » la force de l’alternance c’est aussi ça !

La réforme qui a déjà débuté ne sera intégralement mise en place qu’en 2021. Toutefois, les grandes lignes sont déjà connues :
- Limite d’âge repoussée (30 ans au lieu de 25)
- Une aide au permis pourra être allouée (à hauteur de 500€)
- Des durées plus souples : (6 mois minimum au lieu d’1 an)
- Création d’une nouvelle instance : « France Compétences » (qui officiera notamment sur le contrôle des formations et l’administration des fonds).

Le financement de l’apprentissage -le nerf de la guerre- va être repensé dans les prochains mois. Toutefois, les modalités restent encore à définir… Par ailleurs, une mesure phare de la réforme impacte les aides aux entreprises. L’aide unique ne s’adresse qu’aux entreprises de moins de 250 salariés et dont l’apprenti prépare un diplôme de niveau inférieur ou égale au BAC.

Effectivement, les entreprises, acteur irremplaçable du triptyque de l’apprentissage sont aussi sujettes à des changements. Mme Bernard acquiesce :

« C’est un réel investissement humain pour les entreprises, la formation est un travail quotidien, encore plus dans un cadre de tutorat. Cependant, c’est le moyen de transmettre ses savoir-faire à la nouvelle génération. Les professionnels apprécient aussi d’avoir un pied dans la formation de leur secteur. »

Il apparait évident que l’alternance est une solution de sauvegarde de l’excellence artisanale française. C’est pourquoi, la région Nouvelle-Aquitaine apporte de son côté une aide financière aux apprentis pour le premier équipement professionnel, via le fond social d’aide aux apprentis, ainsi que l’aide au transport, l’aide à la restauration….

Pour illustrer ses différentes facettes, nous allons vous faire découvrir dans les prochains mois une série de portraits avec des retours d’expérience de jeunes suivis par la Mission Locale des Hauts de Garonne et actuellement en voie d’insertion grâce à l’alternance.

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